Vous avez imaginé Velours Noir pour la collection Lempicka Paris, une création qui s'inscrit dans l'héritage du premier parfum iconique de Lolita Lempicka tout en affirmant sa propre identité. Comment avez-vous abordé ce projet ? Quels éléments souhaitiez-vous préserver et comment les avez-vous modernisés ?
Pour Velours Noir, j'ai choisi d'aborder la réglisse non pas comme une simple facette gourmande, mais comme une matière à part entière, dotée d'une véritable présence et d'une forte personnalité. Je voulais révéler sa dimension la plus sophistiquée, en travaillant ses reliefs, sa texture et sa profondeur. L'anis lui apporte son éclat vibrant et sa tension aromatique, tandis que l'iris vient adoucir son caractère par son élégance poudrée et veloutée. En fond, les bois prolongent cette sensation de matière et lui confèrent une verticalité presque sculpturale. Mon ambition confidential était de composer un parfum où l'on ressent avant tout la texture, le toucher olfactif, bien plus qu'une simple gourmandise. Ce qui m'intéressait particulièrement était de partir d'un accord profondément ancré dans l'histoire de la Maison et dans l'imaginaire collectif pour l'emmener vers un territoire plus couture. Je souhaitais préserver l'émotion et la mémoire associées à cette signature iconique, tout en lui offrant une nouvelle expression, plus épurée, plus dense et plus contemporaine. J'aime cette idée de faire dialoguer héritage et modernité : respecter ce qui a marqué les esprits tout en apportant un regard nouveau. Avec Velours Noir, j'ai cherché à révéler une réglisse plus facettée, plus texturée, presque tactile, dont l'élégance s'exprime avec évidence plutôt qu'avec démonstration. Une interprétation à la fois fidèle à l'ADN de Lempicka Paris et résolument inscrite dans son évolution.
L'art, la mode et la synesthésie font partie intégrante de l'univers Lempicka. Si vous deviez associer Velours Noir à une autre œuvre d'art qui vous touche, laquelle serait ce ?
Velours Noir me fait penser à un mobile de Calder suspendu dans l'espace. Chaque matière y occupe sa place avec précision : l'anis apporte l'élan, l'iris la douceur, les bois l'ancrage. Aucune ne domine véritablement les autres. Elles se répondent, s'attirent, se déplacent dans un équilibre subtil qui évolue constamment sur la peau. Comme chez Calder, la légèreté n'est jamais simple ; elle est le résultat d'une construction extrêmement maîtrisée. C'est cette impression de mouvement, de grâce et d'équilibre entre force et délicatesse que j'ai souhaité insuffler à Velours Noir.
Bientôt trente ans après la naissance du premier parfum Lempicka, que représente pour vous le fait de contribuer à ce nouveau chapitre de la maison ?
Contribuer à un nouveau chapitre de Lempicka Paris, près de trente ans après la création du premier parfum, est à la fois un honneur et une responsabilité. Peu de maisons possèdent un univers aussi singulier, capable de traverser le temps tout en conservant ce pouvoir d'évocation et cette identité immédiatement reconnaissable. J'aime l'idée que la parfumerie soit un dialogue permanent entre héritage et création. Chaque génération apporte un regard nouveau, une sensibilité différente, sans jamais renier ce qui a fait la force de la Maison. C'est cet équilibre que j'ai cherché à atteindre avec Velours Noir : retrouver l'esprit d'audace, de sensualité et de sophistication propre à Lempicka Paris, tout en lui donnant une expression contemporaine.
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